Nouvelle aventure en Israel / Newsletter 3

Publié le 16 décembre 2024 | pas de réaction

Pour le dernier volet de notre trilogieCuba/Japon/Israël, que nous réalisons en ce moment en Israël, je vais vous envoyer chaque mois une newsletter vous décrivant nos pérégrinations.
Voici la troisième qui est également parue dans le magazine 9Lives.
Liens vers la première et vers la deuxième.

Shalom, shalom !
Dans ma précédente newsletter, je vous parlais d’un mois intense, marqué par des rencontres humaines poignantes, des traditions préservées malgré les tensions, et des événements tragiques rappelant la dure réalité de cette région en guerre. Fin octobre, Israël a riposté à l’attaque de l’Iran. Depuis, nous vivons sous une menace iranienne renouvelée, perpétuant un climat de tension élevé.
Cette nouvelle newsletter couvre la période entre fin octobre et fin novembre.

Rencontres bouleversantes avec les Bédouins
Grâce à l’association israélienne Standing Together, qui s’engage à donner une voix aux communautés marginalisées, nous avons rencontré des Bédouins dans plusieurs localités autour de Beer-Sheva, dans le nord du Néguev. Avec Guila, qui connaît bien la réalité bédouine, nous sommes allés à la rencontre de Nasser, dans le village détruit de Whadi Khalil, ainsi que de Raeed, Maryam et leurs enfants à Umm al-Hiran, un village au passé douloureux. Ces rencontres nous ont profondément bouleversés.


Guila et Maryam dans sa maison à Umm al-Hiran. A droite, le même endroit quelques jours plus tard.
La situation des Bédouins en Israël est complexe.

Historiquement nomades, ils ont été contraints à la sédentarisation suite à la création des frontières de l’État d’Israël en novembre 1947. Certains disposaient de terres enregistrées oralement, d’autres (seulement 1% de la population) ont pu officialiser leurs titres sous l’Empire ottoman, pendant le mandat britannique ou au début de l’Etat d’Israël. Aujourd’hui, leurs droits fonciers sont contestés, ce qui a entraîné la création de nombreux villages qualifiés d’illégaux par Israël qui ne reconnaît officiellement qu’une dizaine de villes bédouines, comme Umm Batim et Hura où nous sommes également allés. Les villages non reconnus, souvent détruits, laissent derrière eux désespoir et colère.  
Pour approfondir ce sujet et donner la parole à Nasser, Maryam et leurs familles, nous avons décidé, avec Guila, de prolonger nos échanges après le départ de l’association. Nasser vit depuis des mois dans une tente sur les ruines de sa maison. Maryam, elle, préparait le déménagement de ses affaires lors de notre visite, sa maison devant être rasée peu après. Nous avons multiplié les rencontres avec eux, organisant deux mises en scène fortes dans ce contexte de désarroi. 


Guila et Nasser dans sa tente. Cette dernière, construite sur les ruines de sa maison à Whadi Khalil, a également été détruite le dimanche 10 novembre. Il l’a reconstruite depuis.

Un détour par la Cisjordanie
Ces échanges m’ont conduit en Cisjordanie le long du mur qui sillonne le territoire et proche de certains villages et colonies. La densité des informations et des émotions est telle que je ne peux tout relater ici, mais je le ferai lors de la présentation de mon projet. J’en ai profité pour revoir Ibrahim, dont je vous avais parlé dans ma première newsletter. Nous sommes allés chez lui, dans le quartier de Silouane, à Jérusalem Est. Il vit dans une jolie maison mais dans quartier où les détonations des Kalachnikov résonnent souvent et nous rappellent que les tensions sont très vives.


La ville arabe de Hizma et, en face d’elle, la colonie de Anatot en Cisjordanie.


Le mur de séparation le long de Jérusalem.


Le quartier arabe de Silwan à Jérusalem, là où habitent Ibrahim et sa famille.

Roquettes et tensions post-électorales
Le 4 novembre, jour de l’élection de Donald Trump, une série d’événements a renforcé le climat déjà très tendu. Peu après l’annonce des résultats, des roquettes envoyées par le Hezbollah ont visé Tel-Aviv. Lors des alertes, les enfants étaient à l’école. Nous n’avons pas paniqué, mais les explosions, très proches, ont été impressionnantes et stressantes. En novembre, le Hezbollah a tiré, certains jours, jusqu’à 250 roquettes, atteignant environ 16 000 tirs depuis le début de la guerre. Ces attaques, de plus en plus meurtrières, se rapprochent de Tel-Aviv. A Ramat Gan, dans la banlieue nord de Tel Aviv, une roquette a partiellement détruit l’immeuble voisin d’un Chrétien nigérien, Steeve, avec qui j’échange pour le projet. Le nord du pays, sous alerte constante, espère un cessez-le-feu – qui finalement sera signé le 27 novembre – qui permettrait aux 60 000 déplacés de rentrer chez eux. L’espoir de voir revenir les otages vivants persiste, mais s’amenuise au fil des jours.

Dans la foulée de cette élection, le limogeage de Yoav Galant, ex ministre de la Défense, par Netanyahou a provoqué des manifestations massives, soulignant de nouvelles fractures au sein de la société israélienne.


Explosion d’une roquette du Hezbollah à Ramat Gan, près de chez Steeve.

Toujours autant de rencontres fortes
Au cours du mois de novembre, tout en poursuivant mon travail avec les Bédouins, j’ai cherché à témoigner de la vie de personnes issues de diverses communautés. J’ai donc rencontré Steeve, mais aussi Zeddie, un travailleur journalier africain vivant près de la gare centrale de Tel-Aviv, un quartier défavorisé. J’ai croisé un couple de Russes ayant fui la guerre dans leur pays pour reconstruire leur vie en Israël, avant d’être à nouveau rattrapés par un conflit. 

J’ai également fait la connaissance d’un soldat blessé en service, souffrant d’un état de stress post-traumatique (TSPT). En Israël, on estime que plus de 75% des Israéliens ayant effectué leur service militaire sont confrontés à ce type de trouble. Le service militaire, obligatoire dans le pays, est perçu comme un devoir essentiel pour garantir la défense nationale. Les jeunes, issus de tous horizons, intègrent l’armée avec fierté et un profond sens du don de soi, contribuant ainsi à la protection de leur pays. En retour, l’État porte la responsabilité de veiller à leur bien-être et à leur protection. Mais ce contrat tacite a été brisé avec les événements du 7 octobre et la guerre qui a suivi. La plupart de ces jeunes ne souhaitent pas cette guerre; ils aspirent à sa fin. Les souffrances sont déjà immenses, que ce soit en Israël, à Gaza ou au Liban. Beaucoup reviennent profondément traumatisés par ce qu’ils ont vécu.


Boris et Rina, un jeune couple russe chez eux, à Tel-Aviv.

Immersion dans un monde parallèle
Un soir, avec David, nous avons exploré Bnei Brak, un quartier juif ultra orthodoxe de Tel-Aviv. L’impression d’entrer dans un monde parallèle m’a frappé. Nous avons fait la connaissance de Moshe, avec qui nous avons partagé une bière et une partie de la soirée. Je vais y retourner très prochainement. 


Ultra-orthodoxes à Bnei Brak, une ville située dans la banlieue nord-est de Tel-Aviv. Bnei Brak est la ville la plus densément peuplée d’Israël. Majoritairement habitée par une population ultra-orthodoxe, elle se distingue par son niveau de vie modeste et des familles nombreuses, comptant en moyenne 8 enfants par couple. Les poussettes, omniprésentes dans les rues, reflètent cette dynamique familiale unique.

Evasion dans le Néguev
Le 11 novembre, les enfants ont eu des vacances scolaires. Encore! Nous avons décidé de partir dans le Néguev pour respirer un peu, loin de la guerre. Mais, elle nous a vite rattrapés. À Shivta, un site archéologique byzantin, des explosions puissantes ont retenti et nous ont bien fait sursauter et bien stresser. L’armée effectuait des essais de missiles. Puis nous sommes allés à Mitzpe Ramon, un cratère spectaculaire aux couchers de soleil éblouissants, avant de remonter à Tel-Aviv via la mer Morte.


Alma dans les ruines de Shivta juste avant les explosions.


Le cratère de Mitzpe-Ramon, un lieu magique.

Arrestation et incertitudes
De retour, nous avons appris l’arrestation de Raeed, le mari de Maryam, emmené par la police à 3 heures du matin. Grâce à des avocats contactés par Guila, nous avons su où il était et il a pu rentrer le soir même, mais nous ignorons encore les raisons de sa détention.

Face à l’indicible : Les massacres du 7 octobre 
Fin novembre, je me suis consacré à une famille musulmane d’Umm al-Fahm dont l’un des enfants subit un très fort harcèlement dans son université depuis le 7 octobre. 


Déjeuner à Umm al-Fahm, chez Chilwe et Ibrahim.

J’ai aussi visité Sderot, le site de Nova et plusieurs kibboutz – Be’eri, Réïm et Nir Oz – tristement célèbres depuis le 7 octobre. L’horreur des lieux et les échos de tirs et d’explosions provenant de Gaza m’ont laissé sans voix. Ce jour-là, j’ai ressenti une immense tristesse. Sur cette Terre Sainte, où l’on voudrait croire en l’humanité, tout semble la contredire : d’un côté, un massacre ; de l’autre, des ruines et une guerre sans fin.


La ville de Sderot, située près de la frontière avec Gaza, a été durement éprouvée par le massacre du 7 octobre et les tirs de roquettes incessants. Pour protéger la population, des abris publics (miklats) sont installés partout, espacés d’environ 10 mètres. Cette infrastructure reflète la tension constante, la peur et le traumatisme qui imprègnent la vie quotidienne des habitants. Sur cette photo, on distingue trois des onze miklats présents dans un parc pour enfants.


Le long de la frontière avec Gaza, les traces du 7 octobre restent visibles. De nombreux abris sont criblés d’impacts de balles, témoins des événements tragiques où des centaines de personnes, cherchant refuge, ont perdu la vie. Conçus comme des abris anti-roquettes, ces miklats, qui ne se verrouillent pas, ont été pris d’assaut par les terroristes du Hamas, qui y ont jeté des grenades et tiré à l’intérieur. Depuis, un système de verrouillage interne a été installé dans la plupart de ces structures pour renforcer leur sécurité.


Le festival Nova, tragiquement marqué par les événements du 7 octobre, a été l’un des lieux les plus durement touchés. 364 personnes y ont perdu la vie, et 40 ont été prises en otage.


Sur le site du massacre de Nova, de nombreuses oeuvres commémoratives ont été installées, rendant hommage aux victimes et perpétuant leur mémoire.


Une des routes reliant Gaza à Israël, empruntée par les terroristes du Hamas lors des attaques. À l’horizon, on aperçoit les ruines de Gaza. Aujourd’hui, la bande de Gaza est presque entièrement détruite. Ses habitants vivent dans des conditions extrêmement précaires et la famine y est omniprésente.

Solidarité au cœur des ruines
À la fin du mois de novembre, nous sommes retournés voir Nasser, qui a reconstruit sa tente après sa destruction, ainsi que Maryam, Raeed et leurs enfants, qui vivent désormais dans un préfabriqué à Hura.


La nouvelle maison en préfabriqué de Maryam dans la ville de Hura.

Nous avons également rendu visite à Alaa, jeune bédouine, dans la ville de Umm Batim. Son grand-père, un ancien militaire, est décédé en mission, et son père, autrefois politicien et activiste, est décédé il y a deux ans. Elle vit aujourd’hui seule avec sa mère et sa petite sœur. Alaa rêve de poursuivre ses études à l’étranger, ne se voyant aucun avenir en Israël, où les tensions entre les Bédouins et le gouvernement ne cessent de s’intensifier ou en Palestine. 


Alaa et sa petite nièce dans les rues de Umm Batin.

Lors de notre retour à Umm al-Hiran, nous avons découvert les ruines des maisons, et un immense chagrin nous a envahis, Guila et moi. Ce chagrin s’est intensifié lorsque nous avons aperçu des dizaines de chiens et de chats errants parmi les décombres. Guila a immédiatement décidé de leur venir en aide. Nous sommes donc retournés à Tel-Aviv pour remplir le coffre de nourriture, et Guila a contacté des associations pour organiser leur prise en charge et leur sauvetage. Nous sommes ensuite revenus pour les nourrir, accompagnés de Guila, Olivia, Shadi – un jeune Bédouin dont la maison avait été détruite – et de Mazen, un vétérinaire, lui aussi originaire d’Umm al-Hiran.


Guila, Olivia, Shadi et Mazen nourrissent les chats et chiens abandonnés dans les ruines de Umm al-Rihan.

Une lueur d’espoir dans un mois sombre
Ce mois de novembre, éprouvant psychologiquement, m’a offert de belles rencontres malgré des récits et des images bouleversants. Heureusement, j’ai découvert l’association Les Kinés du Cœur et vécu un moment de respiration artistique grâce à la compagnie de danse Vertigo. Je vous en parlerai en détail dans ma prochaine newsletter. Nous sommes également dans l’attente des résultats du cessez-le-feu signé entre Israël et le Hezbollah. Nous espérons qu’il va tenir et aboutir également à la libération des otages et la fin de la guerre à Gaza.

Yalla Yalla.

Nouvelle aventure en Israël / Newsletter 2

Publié le 18 novembre 2024 | pas de réaction

Pour le dernier volet de notre trilogie Cuba/Japon/Israël, que nous réalisons en ce moment en Israël, je vais vous envoyer chaque mois une newsletter vous décrivant nos pérégrinations.Voici la deuxième qui est également parue dans le magazine 9Lives.

For the final part of our Cuba/Japan/Israel trilogy, which we are currently completing in Israel, I will send you a monthly newsletter describing our travels.Here is the first one, which also appeared in 9Lives magazine.(English version at the end of the Newsletter.)
Shalom, shalom !Avant de vous raconter la suite de nos aventures, je souhaite préciser que ces correspondances, tout comme mon projet photographique, sont dépourvues de toute dimension politique. Bien que l’actualité soit terrible dans cette région, mon intention est simplement de partager avec vous nos expériences personnelles et professionnelles, sans émettre de jugement. Les événements tragiques au Proche-Orient plongent la région dans la violence, entraînant tous ceux qui aspirent à la paix dans un engrenage de tristesse et de malheur. Veuillez noter également que ce journal de bord est forcément décalé par rapport à l’actualité.

Résumé de la première newsletterDans notre dernière édition, je vous ai raconté notre arrivée à Tel Aviv, nos premières rencontres et le lancement de notre projet avec Guila et David dans le nord d’Israël. Nous avions conclu sur une note d’inquiétude, marquée par l’attentat survenu près de chez nous et l’attaque de l’Iran, qui avait lancé près de 200 missiles balistiques sur Israël.
Environ 200 missiles ont été envoyés par l’Iran le 1er octobre. Ils ressemblent à de véritables comètes dans le ciel. Sur la photo de droite, l’un d’eux est intercepté par le Dôme de Fer.
Israël est en deuil. L’attaque terroriste du 1er octobre à Jaffa a fait 7 morts.
De retour à Jérusalem
En seulement un mois, tant de choses ont changé.
Un mois s’est écoulé, mais nous avons l’impression qu’il s’en est passé six.
Suite à l’attaque de l’Iran, Olivia et moi avons pris le temps d’évaluer la situation avec calme, refusant de céder à la panique et nous avons, pour l’instant, décidé de rester.

Avec Guila, nous sommes retournés à Jérusalem pour rencontrer le Père Gabriel, un prêtre éthiopien vivant sur le toit du Saint-Sépulcre. Cette rencontre m’a offert une chance rare d’approfondir ma compréhension de cette communauté, considérée comme transparente dans la société de Jérusalem.
Nous avons également accompagné Ibrahim, un Palestinien du quartier de Silouane, et sa famille dans la récolte des olives sur leurs terres centenaires. Bien que menacée par des colons sous prétexte de « réserve naturelle », une partie de leur propriété reste encore précieusement cultivée par cette famille forte et résiliente.

La journée fut particulièrement riche et intense puisque nous avons aussi échangé avec un prêtre copte, ainsi qu’avec un habitant d’une colonie située sur les toits de Jérusalem.
Le projet avance, mais il soulève sans cesse des questions sur les paradoxes de cette société, peuplée de personnes issues de centaines de pays différents, aux cultures diverses et, souvent, porteuses de visions diamétralement opposées quant à l’avenir du pays.
Un prêtre éthiopien sur les toits du Saint-Sépulcre à Jérusalem.
Les oliviers d’Ibrahim dans le quartier de Silouane à Jérusalem.
Commémorations du 7 octobre
Le 7 octobre 2024 a marqué le triste « anniversaire » du massacre perpétré par le Hamas. Malgré l’interdiction de rassemblements de plus de 300 personnes imposée par le gouvernement, de nombreuses manifestations ont eu lieu, témoignant de la volonté des gens de se recueillir, se souvenir et se faire entendre. L’atmosphère était lourde de tristesse et de désespoir. Un an déjà depuis les massacres, un an que des centaines de personnes sont otages à Gaza, et qu’une guerre ravage cette région à seulement quelques kilomètres d’ici, avec les civils comme principales victimes.

En réponse à cette commémoration, le Hezbollah et le Hamas ont lancé une importante salve de roquettes sur Israël. Lors du retentissement des alarmes, les enfants étaient à l’école, en sécurité dans le mamad, et nous avons été immédiatement informés par la directrice de leur situation. Nous les avons retrouvés à 16h20, en pleine forme et parfaitement sereins malgré l’alarme entendue le matin même. Il est donc vrai qu’on finit par « s’habituer à tout ».

Depuis, d’autres événements similaires ont ponctué notre vie. Les Israéliens ont un mot pour décrire cette réalité quotidienne : « balagan », ce terme évoque le chaos, le désordre, mais un désordre auquel on apprend à faire face, un chaos organisé où, malgré tout, la vie continue.
Un an déjà. Le 7 octobre 2024 Israël se recueillait pour la mémoire des 1 207 victimes de l’attaque terroriste du Hamas et des 101 personnes encore en otage.
De formidables échangesCe mois d’octobre fut intense, marqué par des rencontres avec des dizaines de personnes passionnantes, aux histoires fortes et éprouvantes. Guila a également été profondément émue par leurs récits et leurs regards chargés de désespoir. Ces échanges nous transportent à chaque fois dans un véritable tourbillon émotionnel.Une rencontre attendue et authentique
Une rencontre attendue et authentiqueLa rencontre entre Guila et David a enfin eu lieu. Lors d’une soirée organisée par des survivants de Nova, au milieu de témoignages bouleversants et d’œuvres poignantes exposées sur les murs, ils ont tout de suite trouvé une connexion naturelle. Cet échange reste pour moi un précieux moment de partage.
David et Guila se rencontrent enfin!
Rencontre avec un survivant du massacre de Nova.
Avec les “déserteurs de Dieu”
Le lendemain, avec David, nous sommes partis à Jérusalem pour rencontrer des « déserteurs de Dieu », des ultra-orthodoxes qui ont fait le choix de changer de vie, d’aller vers le monde laïc, un choix difficile que l’on appelle ici « retourner à la question. » Ces échanges profonds et intenses m’ont donné l’envie de raconter l’histoire de l’un d’eux, qui est encore entre ces deux mondes, à travers une mise en scène au mikvé de Lifta, un village palestinien niché au cœur d’une vallée de Jérusalem, un lieu chargé d’histoire qui suscite de nombreuses controverses. Cette mise en scène permet de saisir toute la profondeur de ces vies et la complexité des choix personnels face aux traditions.
Le village palestinien de Lifta. A droite, le portrait de David et moi-même a été pris juste après la photo réalisée dans le mikva de Lifta qui a nécessité un petit bain!
Derrière chaque habitant d’Israël se cache une histoire unique
Il est impossible de raconter toutes mes rencontres, mais certaines m’ont particulièrement marqué. Il y a d’abord Shula, survivante du massacre du kibboutz Réïm, que nous avons retrouvée à Tel-Aviv, déplacée avec 150 autres familles suite au 7 octobre. Puis Mohammed, Abdo et ses enfants, Palestiniens du village de Jisr Al-Zarqa, où j’ai souhaité retourner pour documenter la vie dans cette ville qui semble avoir été mise à l’écart de la société. À Haïfa, j’ai également rencontré Vadim, dont la famille ukrainienne, composée de sa mère et de sa sœur, traverse un récent deuil. Enfin, il y a Ziv, un soldat de réserve ayant servi six mois à Gaza, qui cherche à concilier la défense de son pays avec son désir de paix, en s’investissant dans un programme éducatif prônant la tolérance et l’ouverture. Chacune de ces histoires m’a inspiré un profond sentiment d’admiration et de respect.
Mohamed et Gineh après 3 heures de dur labeur et de patience pour la réalisation d’une mise en scène!Photo @ David Kashtan
Un temps de fêtes et de tensions
Début octobre a aussi été marqué par les célébrations de Roch Hachana (le nouvel an juif que nous avons célébré dans une famille de Jérusalem) et de Yom Kippour, le jour du grand pardon. Ce jour-là, l’autoroute est désertée par les voitures, et nous avons profité de cette tradition unique pour y faire du vélo en famille et avec des amis.

Ensuite est venu Souccot, la fête de la joie et des cabanes, un moment festif en Israël durant lequel de nombreuses cabanes sont installées dans l’espace public pour célébrer l’événement. Dans l’après-midi, la mort de Yahya Sinwar, chef du Hamas et cerveau du 7 octobre, fut annoncée. Des cris de joie et de soulagement retentirent sur la plage et dans les rues à l’annonce de sa mort, ravivant un nouvel espoir pour la libération des otages. Même les sauveteurs en mer prirent le micro pour diffuser la nouvelle depuis leur poste de surveillance.

Cependant, quelques heures plus tard, cette ferveur s’était teintée d’inquiétude, alimentée par la crainte de représailles et de nouveaux attentats. Par prudence, nous avons préféré rester chez nous le lendemain, et les enfants ont pu en profiter pour se reposer. Le jour suivant, alors que j’étais à Haïfa avec Vadim et sa famille, 180 roquettes ont été interceptées par le Dôme de fer. C’était à la fois impressionnant et irréel à observer.
Hugo au milieu d’un groupe de cyclistes sur l’autoroute à Tel-Aviv le jour de Yom Kippour.
Interception, dans le ciel de Haïfa, d’une vingtaine de roquettes tirées par le Hezbollah.
Des vacances culturelles
Les enfants ont eu une dizaine de jours de vacances, et nous en avons profité pour visiter des lieux emblématiques comme le Mont des Oliviers, Gethsémani, le tombeau de la Vierge, le Mur des Lamentations et l’Esplanade des Mosquées. Nous avons été profondément émus par la beauté de ces sites, leur importance dans l’histoire de l’humanité, et leur rôle dans les tensions actuelles.
Il est difficile de comprendre comment des lieux si spirituels, empreints de tant de beauté, puissent être le théâtre d’enjeux idéologiques mettant en péril des populations et divisant des communautés autrefois unies par des racines communes.
Prière d’un Palestinien sur un parking en haut du Mont des Oliviers.
Prière d’une pèlerine africaine devant le tombeau de la Vierge Marie.
L’Esplanade des Mosquées (ou Mont du Temple pour les Juifs) totalement déserte.Un site au centre de toutes les tensions.
Nous avons également exploré Beit Guvrin et Massada, des sites historiques impressionnants et succombé au charme du sel de la mer Morte. Les enfants ont flotté avec délectation dans cette eau unique, ravis de cette sensation inédite ! Sur le chemin du retour, nous sommes tombés par hasard sur les ruines d’un parc d’attractions abandonné, englouti par les dolines omniprésentes autour de la mer Morte, ajoutant une touche surréaliste au paysage.
Un Israélien assis sur un mur en ruine de la citadelle de Massada avec, en arrière plan,la mer Morte et la Jordanie.
Hugo flottant dans la mer Morte.
Olivia, Alma et Thao au milieu d’une route totalement détruite par des dolines au bord de la mer Morte. Les dolines sont des crevasses qui se forment lorsque la roche calcaire sous la surface est dissoute par les eaux souterraines. Elles sont apparues autour de la mer Morte à la fin des années 1980.

Nouvelle aventure ! Première Newsletter de notre Projet en Israël.

Publié le 28 octobre 2024 | pas de réaction

Pour le dernier volet de notre trilogie Cuba/Japon/Israël, que nous réalisons en ce moment en Israël, je vais vous envoyer chaque mois une newsletter vous décrivant nos pérégrinations. 
Voici la première qui est également parue dans le magazine 9Lives

Vue depuis notre appartement, situé dans le quartier de Noga, donnant sur la mosquée Mahmoudiya et l’église Saint Pierre de Jaffa.
Vue depuis notre appartement, situé dans le quartier de Noga, donnant sur la mosquée Mahmoudiya et l’église Saint Pierre de Jaffa.

Shalom, shalom !
Nous voici désormais en Israël, dernier chapitre de notre trilogie familiale après Cuba en 2016 et le Japon en 2019. Ces trois sociétés partagent un point commun : elles interrogent la place de l’individu au sein du corps social, dans des pays aux frontières fragiles et/ou souvent isolés dans leurs régions.
Depuis un mois, nous avons posé nos valises à Tel-Aviv avec Olivia, Alma, Hugo et Thao. Ce premier mois a été particulièrement intense, rempli de rencontres, de découvertes, d’émotions, et marqué par une tension constante.

L’arrivée à Tel-Aviv : le calme avant la tempête
Nous avons atterri à Tel-Aviv le 31 août, et dès notre arrivée à l’aéroport, l’atmosphère pesante et la multitude de portraits des otages israéliens nous ont immédiatement plongés dans la tristesse de cette époque et le contexte douloureux du conflit actuel.
Mais en rejoignant le centre, nous avons retrouvé l’énergie vibrante qui caractérise Tel-Aviv, la ‘Colline du Printemps’, construite sur le sable et toujours en pleine effervescence.
Notre appartement se situe entre Jaffa, l’ancienne ville portuaire palestinienne, et Neve Tzedek, un quartier bohème qui incarne le renouveau de la ville. Très vite, nous avons pris nos marques dans cet environnement contrasté et fascinant.

Un quartier multiculturel
Notre quartier est un véritable carrefour de cultures et de religions. Chaque jour, l’appel à la prière du muezzin résonne dans les rues, suivi des cloches de l’église Saint-Pierre de Jaffa. Cette cohabitation des trois grandes religions monothéistes est un spectacle quotidien, et les enfants sont captivés par cette diversité culturelle.

Les défis du quotidien
Tel-Aviv est une ville chère, et chaque achat demande un peu de stratégie. Premier défi donc : dénicher des endroits qui ne feront pas exploser le budget !
Deux jours après notre arrivée, les enfants ont fait leur rentrée scolaire. Malgré quelques appréhensions, tout s’est très bien passé. Alma, Hugo et Thao se sont rapidement acclimatés à leur nouvelle école, où ils ont été chaleureusement accueillis.

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Deux jeunes filles effectuant leur service militaire à la gare ferroviaire de Tel-Aviv. Celle de gauche vient tout juste de commencer, tandis que celle de droite fait déjà partie d’une unité de la police des frontières israélienne (MAGAV).

Une présence militaire omniprésenteIl est encore difficile de s’habituer à la présence constante d’armes dans les rues. Voir autant de jeunes, en uniforme ou en civil, armés de fusils d’assaut, est troublant. Ici, le service militaire est obligatoire, et à 18 ans, garçons et filles sont déjà sur le terrain. C’est un contraste saisissant de voir ces jeunes à peine majeurs évoluer avec des armes tout en menant leur vie quotidienne.

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Le cœur de Tel-Aviv et d’Israël bat au rythme des otages. Ils sont présents partout, dans les rues, sur les façades des immeubles, dans les maisons, les restaurants, sur les voitures, sur les vêtements.

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251 personnes ont été enlevées le 7 octobre 2023. 63 personnes sont encore otages dont deux enfants. 34 personnes dont les corps n’ont pas été retrouvés ont été déclarées mortes. 37 personnes ont été retrouvées mortes par les soldats de Tsahal. 117 libérations ont été obtenues.

Le souvenir du 7 octobre
Le 7 octobre a laissé une empreinte profonde en Israël, et Tel-Aviv, tout comme le reste du pays, porte encore les plaies béantes de cette tragédie. Les rues sont remplies de rubans jaunes et d’affiches soutenant les otages captifs. Chaque samedi, des manifestations réclament leur libération. La solidarité et la douleur collective sont omniprésentes.image placeholder
David avec une famille du village druze Yanuh-Jat, dans le nord d’Israël, lorsque nous leur donnons un appareil photo jetable et un carnet de note après avoir réalisé une mise en scène.

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Guila sous les oliviers d’Ibrahim dans la vallée de Hinnom, aussi appelée vallée des lépreux.

Nos premières rencontres : des moments forts
Peu après notre arrivée, j’ai commencé à travailler avec Guila et David, mes fixeurs sur place. Guila, véritable encyclopédie vivante, connaît l’histoire d’Israël, de la Palestine et de leurs habitants dans les moindres détails. David, photographe et réalisateur, possède, tout comme Guila, un talent exceptionnel pour nouer des liens authentiques avec chaque personne que nous rencontrons. Nous avons partagé des moments intenses, comme notre premier Shabbat chez la sœur de David, une soirée chaleureuse et émotive. Nous avons également passé un autre Shabbat avec Katie, une amie de Guila, qui accompagne les victimes traumatisées par les événements du 7 octobre.


Le mur des lamentations à Jérusalem un soir de Shabbat.

Jérusalem : une expérience bouleversante
Notre visite à Jérusalem avec Guila a été un moment fort. Le poids de l’histoire est palpable dans chaque rue. Nous avons arpenté le marché arabe, le quartier chrétien, puis visité l’église du Saint-Sépulcre, quasiment vide, loin des foules habituelles. Ce moment de recueillement, hors du temps, a été particulièrement marquant. Quelques heures après notre départ, un soldat israélien a été poignardé à la Porte de Damas, rappelant que la violence est toujours présente, même dans un cadre aussi chargé d’histoire.

Première alerte missile : une nuit sous tension
Quelques jours après notre retour de Jérusalem, nous avons vécu notre première alerte missile. La nuit était calme jusqu’à ce que la sirène retentisse, signalant l’arrivée d’un missile lancé depuis le Yémen par les Houthis. Nous avons précipitamment emmené les enfants dans notre mamad (pièce sécurisée), tandis que les explosions du Dôme de fer résonnaient au loin. Malgré la tension palpable, les enfants sont restés étonnamment calmes.


Tamar, une habitante du kibboutz de Klil en train d’essayer ma chambre photographique

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Une grand-mère et son petit fils dans le port de pêcheurs du village arabe Jisr al-Zarqa.


En conversation avec Gilles Alexandre dans le kibboutz Ma’ale Efraim à la frontière nord avec la Cisjordanie.

Voyage dans le nord : entre découvertes et incertitude
Avec David, j’ai exploré le nord d’Israël, une région à la fois magnifique et sous tension en raison de sa proximité avec le Liban. Nous avons visité des kibboutz et vécu des moments précieux avec leurs habitants, tout en partageant des repas dans des villages druzes et palestiniens, certains marqués par la présence oppressante du mur de séparation avec la Cisjordanie. Plus au centre, à Baqa al-Gharbiyye, les habitants nous ont raconté comment le mur avait bouleversé leur quotidien, séparant familles et communautés. Nous avons également échangé avec de jeunes militaires sur la jeunesse israélienne, ainsi qu’avec des Juifs orthodoxes en mission, et des personnes incroyablement fortes et inspirantes qui cherchent à unir plutôt qu’à diviser.

La situation s’est aggravée lorsque le Mossad a lancé une opération visant à neutraliser les bippers et talkies-walkies du Hezbollah. Des explosions ont secoué la région, et peu après, l’annonce de la mort de Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, a renforcé l’incertitude, laissant craindre une escalade imminente. Bien que les habitants semblaient rester calmes, l’inquiétude était palpable. Face à l’intensification des tensions, je me suis inquiété pour Olivia et les enfants restés à Tel-Aviv et ai décidé de rentrer plus tôt que prévu. Ce voyage m’a révélé non seulement la remarquable résilience des habitants du nord, mais aussi la précarité de la paix.

Retour à Tel-Aviv : sécurité et vigilanceÀ mon retour, Olivia m’a raconté qu’elle et les enfants avaient vécu une alerte missile alors qu’ils étaient à la plage. Ils ont dû se précipiter pour trouver un mamad public en quelques secondes. Heureusement, grâce à l’aide des locaux, ils ont pu se protéger tout en gardant leur calme. J’ai été frappé de voir à quel point ils se sont adaptés à cette nouvelle réalité, même si l’anxiété grandit chaque jour. Nous en parlons régulièrement, envisageant un départ si la situation l’exige.

Conclusion : adaptation et résilienceCe premier mois en Israël nous a plongés dans une réalité faite de tensions et de rencontres humaines extraordinaires. Nous apprenons à vivre sous cette pression constante et nous nous acclimatons peu à peu. Le projet avance bien, malgré l’incertitude ambiante, et nous continuons à explorer ce pays fascinant et à rencontrer sa population, un pas après l’autre. Yallah yallah comme on dit ici.

PS : Mardi 1er octobre — Attentat terroriste et missiles iraniens
Juste avant d’envoyer cette newsletter, un attentat a frappé Jaffa, près de chez nous, suivi du tir de 200 missiles balistiques iraniens. À l’alarme du Dôme de fer, nous avons rapidement regagné notre mamad, où nous sommes restés environ une heure. Les enfants, bien que calmes, ressentaient la tension ambiante. Cet attentat, qui a fait plusieurs victimes, associé à la violence de l’attaque iranienne, nous pousse à envisager sérieusement le retour des enfants à Paris pour leur sécurité.Dans mon prochain journal de bord, je vous raconterai cet événement, ainsi que la commémoration du 7 octobre et l’état du pays et de la région à l’anniversaire du massacre qui a déclenché une guerre qui semble interminable.

Portfolio dans le luxueux magazine grec NOMAS

Publié le 19 août 2024 | pas de réaction

Le prestigieux magazine grec NOMAS vient d’éditer un portfolio de 12 pages sur Hakanai Sonzai.

Retrouvez également dans ce numéro spécial Japon dont j’ai fait la couverture une grandes interview autour de mon projet japonais.

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Portfolio dans RSF – 100 photos pour la liberté de la Presse – Regards sur le Japon

Publié le 4 juin 2024 | pas de réaction

Je ne peux pas vous dire à quel point je suis fier de participer au Numéro 76 – Regards sur le Japon de cette légendaire revue de Reporters sans frontières à l’occasion des Rencontres d’Arles.

Mes photographies sont présentées aux côtés des légendes, Werner Bischof, Nicolas Bouvier, Henri Cartier-Bresson, Ken Domon, Masahisa Fukase et Daido Moriyama. Et des immenses photographes Françoise Huguier, Charles Fréger, Ishiuchi Miyako, Toshio Shibata et Gueorgui Pinkhassov.

Vous retrouverez également un très bel avant-propos de la grande écrivaine Amélie Nothomb et un texte passionnant de Emil Pacha Valencia.

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Portfolio de 36 pages dans la revue EPIC

Publié le 21 mai 2024 | pas de réaction

Retrouvez un magnifique portfolio de 36 pages sur mon projet Hakanai Sonzai dans le N°14 de la revue EPIC. Une magnifique revue photographique indépendante qui laisse sa pleine expression aux artistes.

Retrouvez dans ce numéro également les superbes projets de Guillaume Blot, Eugénie Baccot, Cyril Abad et Cloé Harent.

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Grand entretien dans la magnifique revue PORTFOLIO

Publié le 8 mai 2024 | pas de réaction

Retrouvez mon grand entretien avec la revue Portfolio dans le N°2 de cette magnifique revue.

Retrouvez également des entretiens avec le créateur de Albator, Rintarō, mais aussi le chef étoilé Thierry Marx, l’illustrateur Nicolas de Crécy ou encore la directrice du Musée Guimet, Yannick Lintz.

Tous à vos kiosques 😉

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Hakanai Sonzai s’envole à Taïwan et en Chine!

Publié le 23 février 2024 | pas de réaction

Merci au magazine Flat43 pour super interview autour de mon projet Hakanai Sonzai qui m’a permis de le présenter pour la première fois aux habitants de Taïwan et aux Chinois!

Tout l’article à lire ici : https://theflat43.com/story/240-pierre-elie

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Hakanai Sonzai dans l’émission Culture Box sur France 4

Publié le 1 février 2024 | pas de réaction

La journaliste Noëmie Roussel a consacré une super chronique à mon nouveau livre Hakanai Sonzai publié aux éditions Atelier EXB dans l’émission Culture Box du 31/01/24 sur France 4.

A retrouver ICI à partir de la 9’25 »

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47 262 MERCIS!!!!!!

Publié le 31 janvier 2024 | pas de réaction

🙏 47 262 MERCIS 🙏

📸 Merci d’être venus si nombreux voir mon exposition Portrait éphémère du Japon au @museeguimet 🇯🇵

🏆 Nous avons battu le record historique du nombre d’entrées pour une exposition de photographies au Musée Guimet. 🏆

💫 Ce fut une aventure fantastique qui prend fin d’une manière magistrale après 5 ans de travail 💫

MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI

Maintenant, cap vers Israël 🇮🇱

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